AFP - jeudi 23 Mai 2002 - Moubarak annule le verdict concernant 50 jeunes

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LE CAIRE (AFP) - Le président égyptien Hosni Moubarak a annulé le verdict concernant 50 jeunes Egyptiens poursuivis pour homosexualité prononcé le 14 novembre par la Haute Cour de sûreté de l'Etat, et renvoyé l'affaire au parquet.

En vertu des prérogatives que lui confère l'état d'urgence en vigueur en Egypte depuis 1981, M. Moubarak est le seul habilité à ratifier ou à annuler les jugements de la Haute cour de sûreté de l'Etat. Le verdict annulé concerne 50 jeunes, dont 21 avaient été condamnés à des peines allant d'une à deux années de prison ferme, alors que 29 avaient été acquittés. Le président égyptien a cependant ratifié la condamnation à 3 et 5 ans de prison de deux autres accusés dans ce procès, qui avaient été reconnus coupables de "mépris de la religion".

Moubarak a décidé de "renvoyer le dossier des 50 jeunes au parquet pour qu'il décide des procédures nécessaires, se fondant sur le fait que les accusations portées contre eux ne font pas partie des charges sur lesquelles peut se prononcer la Haute Cour de sûreté de l'Etat", a déclaré jeudi Me Farid al-Dib, un des principaux avocats des accusés. Chérif Farahat, le principal accusé, dont la peine est maintenue, avait été condamné à cinq ans de prison pour "mépris de la religion" et "pratiques sexuelles contraires à l'islam". Le second dont la peine est maintenue est Mahmoud Ahmed Allam, condamné à trois ans, pour "mépris de la religion".

La Haute Cour de sûreté de l'Etat, instituée en vertu de l'état d'urgence, est un tribunal d'exception qui juge les affaires qui mettent en cause la sécurité ou la souveraineté nationale. "Le parquet peut désormais décider de classer l'affaire ou de la déférer à un tribunal correctionnel, et non plus devant la Haute Cour de sûreté de l'Etat", a ajouté Me Dib.

Dès son ouverture, le 18 juillet 2001, le procès de ces jeunes Egyptiens avait provoqué l'indignation d'associations homosexuelles ou de défense des droits de l'Homme, notamment en Suisse, en France et aux Etats-Unis. Amnesty International était intervenue à deux reprises pour demander la libération des prévenus, l'ouverture d'une enquête sur des allégations de torture pendant leur détention, et le respect du droit à vivre librement sa sexualité en Egypte.

L'homosexualité ne figure pas parmi les crimes sexuels évoqués explicitement par la loi égyptienne, fondée sur la charia (loi islamique). Mais plusieurs législations sanctionnant les atteintes aux bonnes moeurs peuvent s'y appliquer, à condition que de tels actes soient prouvés.

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